Pétition: Non à la prise en otage de l'environnement par Aquiris!

Non à la prise en otage de l'environnement par Aquiris!

Aquiris ou la preuve par l'exemple des dangers de la délégation d'un service public essentiel

L'arrêt de la station d'épuration de Bruxelles-Nord, décidé unilatéralement par Aquiris, filiale du groupe français Veolia Environnement, a eu et continue d'avoir des conséquences dramatiques pour les trois rivières flamandes dans lesquelles se déversent maintenant la moitié des eaux usées de la ville de Bruxelles, et pour tous leurs riverains. Quelles qu'aient été les raisons de cette cessation d'activités, elles ne sauraient excuser le comportement irresponsable de cette société qui a osé polluer gravement une région entière dans le seul but de faire monter les enchères dans sa négociation avec les services de la Région de bruxelles Capitale pour décider qui devait assumer la responsabilité, et donc le coût, de dégager l'entrée de la station. La “sécurité” invoquée par l'exploitant pour justifier cet arrêt a bon dos. Son intention proclamée de rétablir le fonctionnement de la station et de se présenter comme sauveur allant “au-delà de ses obligations contractuelles” est particulièrement cynique: il pouvait très bien prendre ce genre de décision avant d'anéantir volontairement ses “années d'efforts pour assainir les eaux de la Senne, du Ruppel, de l'Escaut et d'autres rivières”.(1)

Le débat tend maintenant à épouser les lignes, classiques dans notre pays, de la querelle communautaire : les eaux usées bruxelloises ont pollué des rivières flamandes, reflet du cycle de l'eau qui se joue bien des frontières humaines. Ce débat est inévitable aujourd'hui mais sans doute pas le mieux adapté à la question qui nous occupe ici: quoi qu'il advienne de la Belgique, néerlandophones et francophones resteront voisins et continueront de devoir gérer ensemble leurs rivières communes. La question de savoir au nom de quoi une entreprise privée peut se permettre de prendre en otage l'environnement d'une région entière par le monopole qu'elle détient de la gestion d'un service public essentiel est beaucoup plus grave et ne doit pas être occultée. Nous demandons donc à la Région de Bruxelles Capitale de prendre les mesures qui s'imposent :

- Prendre le contrôle d'Aquiris pour que pareil scandale ne se reproduise pas.
- Associer démocratiquement l'ensemble des riverains des rivières concernées, et leurs institutions représentatives, à la gestion des eaux des bassins versants qui traversent la Région pour ne pas laisser la question de l'eau otage de nos querelles communautaires.

(1) Pollution Senne : la station d'épuration va être réactivée, RTL Info, 16/12/2009
http://www.rtlinfo.be/info/votre_region/bruxelles/293928/pollution-senne-la-station-d-epuration-va-etre-reactivee Non à la prise en otage de l'environnement par Aquiris!

 

A LIRE EGALEMENT L'ARTICLE EN LIGNE SUR LE BLOG DU MONDE DIPLOMATIQUE POUR TOUT APPRENDRE SUR VEOLIA ET SA FILIALE BELGE AQUIRIS...

PRESENTATION DE L'ARTICLE:

Veolia, multinationale française leader mondial des services à l’environnement, a construit à Bruxelles à l’orée des années 2000 une gigantesque station d’épuration (STEP), qui épure les eaux usées d’un million cent mille habitants de la capitale belge. Depuis le début du mois de décembre 2009, cette STEP est au centre d’une véritable affaire d’Etat qui enflamme la Belgique. Aquiris, la filiale belge de Veolia qui gère cette station, en a unilatéralement suspendu le fonctionnement une dizaine de jours durant début décembre, avant de se voir enjoindre par la justice de la remettre en route, compte tenu des pollutions gravissimes entraînées par le rejet dans trois fleuves flamands des eaux usées non traitées de l’agglomération bruxelloise. L’affaire est sans précédent, folle, baroque, incompréhensible. La filiale belge de Veolia, Aquiris, soutient que les eaux usées charriées jusqu’à la STEP par le réseau public d’égouts bruxellois y acheminent des tonnes de sables et de gravats qui ne permettent pas à la station de fonctionner correctement. Les médias belges relatent qu’Aquiris serait à vendre depuis six mois. Le nouveau directeur de Veolia Eau a rencontré toutes affaires cessantes, l’avant-veille de Noël, les autorités belges. Veolia vient de mobiliser la plus grande entreprise américaine de relations publiques spécialisée dans la gestion de crise, afin de « gérer » cette affaire. Celle-ci pourrait trouver son origine dans une véritable catastrophe industrielle, qui pourrait demain avoir des échos jusqu’à Milan et Varsovie. Cette terrifiante histoire a en fait débuté dans la banlieue toulousaine à l’orée des années 1990. La Générale des eaux, aujourd’hui Veolia, a cru y découvrir le Graal, une nouvelle technologie de traitement des boues d’épuration : l’oxydation par voie humide. La généalogie de cette « innovation » industrielle constitue un acte d’accusation sans précédent contre les multinationales françaises de l’eau qui prétendent promouvoir sa marchandisation sur toute la planète, en excipant de leur supériorité technologique. L’enquête ci-après nous a occupés plusieurs années. Nous la dédions à nos amis d’Outre-Quiévrain, aujourd’hui victimes de la folle mégalomanie de Veolia.

(...)

Pour vous faire une idée des conditions de l'octroi du projet de la station d'épuration Nord à Aquiris, filiale de Veolia, en 2001, consultez les articles suivants:

Station d’épuration Bxl Nord : encore un marché truqué

Vous y apprendrez entre autres comment la SDRB en charge de l'appel d'offres a trafiqué le cahier des charges et favorisé Veolia et comment des élus politiques bruxellois et des responsables de l'adminsitration sont invités sur un yacht affreté par Veolia...

Région Pluie de recours autour du marché de la station Nord Après Hydronor, BSUB s'en remet aussi au Conseil d'Etat - LE SOIR 23/05/2001