article Bio-indication paru dans LESOIR
Écologie / Du tabac pour détecter l’ozone. Un bon « plant » pour l’air. À Bruxelles, les jeunes traquent l’ozone avec des plants de tabac. Pas besoin d’être un écologiste de renom pour mesurer l’ampleur des pollutions de l’atmosphère bruxelloise. Des graines de tabac et un arrosoir suffisent. Encore faut-il savoir qu’en faire. Le Début des Haricots (ASBL) propose de former des jeunes de 8 à 15 ans à la bio indication. Derrière ce mot se cache un principe très simple, les plantes aussi sont sensibles à la pollution et elles nous le montrent. Chez les plants de tabac, des taches brunes apparaissent sur les feuilles au contact de l’ozone. Plus les taches sont grandes, plus la plante a été exposée à la pollution. « On commence par donner des petites animations sur différents thèmes, météorologie, biologie, chimie, écologie, etc. On peut même aborder des thèmes scientifiques compliqués avec des petits de 9 ans ! Ensuite, on leur explique comment fonctionne une bio station, et c’est à eux de la gérer. C’est eux aussi qui devront analyser les taches sur les feuilles », explique Omar Mouhssin. « Une bio station est composée d’ instruments de météorologie que les enfants apprennent à fabriquer eux-même ainsi que des plants de tabacs. Il faut juste veiller à ce que les plantes ne manquent pas d’eau », poursuit le coordinateur du projet. « On a déjà lancé le projet avec des associations de quartier, les apprenti-sages à Saint-Josse et la Maison des enfants à Anderlecht. Pour les enfants, la pollution c’est la cigarette, les papiers par terre et la voiture. Avec le projet de bio indication, ils apprennent et comprennent que ce n’est pas que ça et que eux aussi ont un rôle à jouer ». À partir de septembre, le projet s’étend aux écoles secondaires, « les notions de biologie, d’écologie et de chimie peuvent être approfondies. Le projet de bio indication pourra s’intégrer dans les programmes des cours. « La bio indication ne mesure pas les variations de l’ozone dans l’atmosphère, mais permet de donner une idée précise de l’exposition à l’ozone des différentes zones étudiées, c’est une sorte d’étude comparative. On recherche le plus de partenaires possibles pour pouvoir quadriller au mieux la ville ». D’autres grandes villes européennes se sont déjà lancées dans le projet depuis plusieurs année, l’ensemble des résultats pourra constituer une base de données à l’échelle européenne. Mais le but principal est de sensibiliser les plus jeunes aux questions environnementales, « qui sait ? Peut-être que se projet éveillera la conscience de certains enfants et qu’ils deviendront de grands défenseurs de l’environnement ! » conclut Omar, optimiste. E.L. (st.)