« Il n’y a rien d’inhumain en ville, si ce n’est notre humanité »  Georges Perec

D’ici 2015, près de 26 villes à travers le monde auront dépassé les 10 millions d’habitants. Pour nourrir une ville de cette taille, au moins 6 000 tonnes de nourriture doivent être importées chaque jour. Dans le cas de la région Bruxelles-Capitale il s’agit de nourrir 1.1 millions d’habitants. Le transport de ces marchandises est exclusivement possible grâce à l’extraction de ressources fossiles qui dégradent notre environnement. Cette prise de conscience croissante a inspiré la création de différents modèles d’agriculture urbaine à travers le monde. Des plus anciens modèles comme celui de Machu Picchu jusqu’aux conceptions de fermes urbaines, l’idée de cultiver en ville prend de nombreuses formes, à New-York, Montréal, Shanghai, Dar-Es-Salam ou Amiens. Tous les modèles répondent à un besoin d’alimentation des cités et met en œuvre des circuits courts, bénéfiques à l’économie locale.

Ces circuits-courts permettent d’offrir des produits de qualité à un prix correct car ils soustraient tous les intermédiaires entre le producteur et l’acheteur, tout en mettant à profit des espaces urbains inutilisés, en diminuant l’impact de l’alimentation en ville et en favorisant la création d’emploi. Ces espaces ont également une fonction sociale, car ils permettent de créer des liens entres citoyens, de sensibiliser à l’alimentation durable et à l’environnement.

L’agriculture urbaine contribue à la sécurité alimentaire et l’hygiène alimentaire de deux façons : d’abord, elle augmente la quantité de nourriture disponible pour les personnes qui vivent dans les villes, et d’autre part, elle met à disposition des consommateurs urbains des produits frais et biologiques de saison. L’agriculture urbaine s’intègre aussi dans le mouvement « villes en transition », qui nait du constat que les énergies fossiles sont limitées et tente, par des initiatives locales, de se préparer au mieux aux chocs des futurs pics pétroliers. Considérant que l’agriculture urbaine permet des économies d’énergie et la production locale d’aliments en favorisant la biodiversité urbaine, cette forme d’agriculture est considérée comme durable.

L’agriculture urbaine a de nombreux avantages, tant pour les gens qui la pratiquent que pour ceux qui en reçoivent les bénéfices.

Les grands objectifs

Ils sont de deux grands types :

  • économiques et alimentaires directs, éventuellement de survie dans les pays les plus pauvres ; cette agriculture constitue par ailleurs parfois un des moyens de résolution de problèmes posés par la gestion de certains déchets urbains (biodégradables ou susceptibles de nourrir des animaux) ;
  • les fonctions sociales ou pédagogiques sont valorisées dans les pays dits développés. Il existe ainsi des fermes pédagogiques ou faisant travailler des handicapés ; l’objectif de production y existe, mais est secondaire. Certains parcs urbains (ex. : en France, le Parc de la Deûle au sud de la communauté urbaine de Lille) intègrent une agriculture de proximité, avec l’idée de coupure verte, de parc de campagne ou de pause urbaine.

Les avantages

Avantages économiques directs ou indirects
  • La mise à profit d’espaces inutilisés
  • Autoproduction de fruits et de légumes
  • Soutenir l’économie locale
Avantages pour l’environnement
  • Une agriculture urbaine et de proximité permet des boucles en « cycle court », diminuant les coûts, les émissions de CO2 et le besoin en énergie et en carbone fossile
  • Réduction des transports et de l’emballage dû à la commercialisation
  • Réduction de la pollution atmosphérique (épuration de l’air)
  • Utilisation de graines de plantes anciennes et indigènes pour la sauvegarde de la biodiversité
  • Sensibilisation à l’environnement
  • Réutilisation des eaux grises et rétention d’eau en cas d’orage (moins de ruissellement et d’inondations)
  • Recyclage rapide de certains déchets organiques par le compostage
  • Le verdissement et l’embellissement urbains
Avantages sociaux
  • Sécurité et qualité alimentaire (biologique, pas de pesticides, pas d’OGM, etc)
  • Créations d’emplois
  • Accessibilité des aliments et réduction de leurs coûts
  • Loisirs
  • Cohésion et bien-être de la collectivité
  • Formation et éducation au jardinage
  • Sens d’appartenance à un groupe, à un projet
  • La souveraineté alimentaire des individus

Les inconvénients et les difficultés

  • La présence de certains animaux est source de bruit (chant du coq, meuglement, bêlements, aboiements, etc.).
  • Certains végétaux peuvent également constituer des vecteurs de nuisances : pollinisation allergisante, …
  • le coût du foncier et le manque de foncier disponible ;
  • la pression de l’urbanisation, et de la périurbanisation ;
  • la dégradation (dérangement, artificialisation, surfréquentation, pollution) que la ville peut occasionner aux milieux fragiles qu’elle jouxte ou entoure (sols, zones humides utilisées pour le maraîchage et hortillonnages, agrosylviculture, forêts de protection, forêts urbaines1 ;
  • les pollutions qui affectent souvent les sols urbains et périurbains encore disponibles pour l’agriculture urbaine ;
  • l’accès à l’eau (souvent déjà rationnée dans les zones arides) et soleil (ombrage des bâtiments);
  • les risques sanitaires induits par l’usage de boues d’épuration ou urines et excréments mal compostés ou non sécurisés du point de vue sanitaire ;
  • certains risques liés aux élevages semi-industriels (ex. : grippe aviaire ou autres zoonoses, mauvaise gestion des déchets, etc.) ;
  • l’impact de la délinquance (vol, branches de fruitiers cassées, etc.) est généralement plus important en zone urbaine, et pose des problèmes particuliers de responsabilités, gestion et surveillance ;
  • le contexte urbain ne favorise pas la mécanisation agricole, dont l’absence relative peut toutefois être compensée par un moindre besoin de stockage, de transport, etc. Ceci explique que le maraîchage est bien plus courant en contexte urbain que la céréaliculture ou le gros élevage.

(source partiellement retiré de: Wikipédia)

Quelques ressources

Les jardins font la ville , un film de Florence Maurot

Green guerilla , documentaire Arte

Le site potage-toit propose plusieurs ressources sous l’onglet agriculture urbaine